Accident de la route : drame de MILLAS
Risque routier professionnel

Mon cerveau prend la route

Photo sur la sécurité des déplacements professionnels
Notre cerveau influe nos comportements sur la route

Le manager est challengé annuellement sur des objectifs SST pour lui-même et ses équipes. Il peut agir en faveur d’une culture de sécurité renforcée sur le lieu de travail (visites de sécurité, affichages, causeries…). Cependant, il est plus démuni pour prévenir la 1ère cause de mortalité au travail l’accident routier professionnel.

Les derniers chiffres de l’observatoire national indiquent plus d’un décès par jour en mission ou trajet domicile/travail. Mais, comment traiter le risque d’accident routier au même niveau que les autres risques professionnels ?

Dans ce cas, il s’agit d’évoquer ici quatre leviers de progrès à disposition du management et des CSE. Ces leviers sont pour agir sur la sécurité des déplacements professionnels. De même, ils permettent de mieux appréhender l’influence de notre cerveau sur nos comportements routiers.

LEVIER 1 : Organiser le travail et la sécurité des déplacements

D’abord, la priorité consiste à passer en revue avec le collaborateur les taches hebdomadaires afin d’identifier la fréquence des déplacements. Parallèlement, le manager possède toutes les informations sur les possibilités offertes par l’entreprise vis-à-vis d’un éventuel plan de mobilité.

Ainsi, réduire le nombre de trajets ou modifier le mode de déplacement diminue l’exposition au risque routier. Voici quelques pistes :

  • Donner la priorité aux transports en commun lorsque c’est possible (prise en charge financière par l’entreprise ?). C’est aussi pour le manager accepter que son adjoint quitte le bureau à heure fixe pour ne pas rater son bus/train ;
  • Covoiturer : Blablacar daily® explose depuis janvier 2023 notamment grâce à la prime de l’état. L’entreprise propose t’elle en interne un forum de mise en relation des covoitureurs ?
  • Le télétravail est-il envisageable un ou plusieurs jours ? Réorganiser peut être certaines réunions ou en groupant des tâches pouvant être réalisées à distance ? Appuyez-vous sur des expériences de télétravail déjà existantes dans l’entreprise afin de rassurer manager et collaborateurs (protection des données sensibles, accès aux réseaux intranet…). Le télétravail repose sur la confiance, il est indispensable d’échanger sans tabous sur ce nouveau mode de travail.

Pas possible de modifier les habitudes ?

Il faut donc préparer au mieux la sécurité des déplacements. L’analyse des accidents trajet domicile-travail montre que le « Stress lié à la peur d’arriver en retard » est un des facteurs de risque important. Il est parfois le principal sur ce type de trajet. Consulter les infos trafic et météo la veille permet d’anticiper et de s’organiser. Par exemple otre collaborateur peut partir plus tôt ou en choisir un itinéraire bis avec Waze®

Dans le cas des trajets de missions :

  • Désigner une personne pour gérer et planifier les déplacements afin de préparer l’itinéraire. Incluer des temps de pause et favoriser les routes dotées d’un séparateur central pour les longs trajets ;
  • Modifier dans la semaine les parcours récurrents pour éviter le piège de l’habitude. Ainsi, 80% des accidents de travail sont liés à des personnes expérimentées en situation de routine ;
  • Anticiper les éventuelles difficultés de circulation. L’agressivité au volant est un facteur aggravant vis-à-vis du risque d’accident ;
  • Grouper géographiquement les rendez-vous et évitez les allers/retours, quitte à patienter dans le quartier du prochain client.

LEVIER 2 : Bien choisir, équiper et entretenir les véhicules

Une première idée : agir sur le moyen de transport du collaborateur :

  • Certaines entreprises mettent à disposition des salariés des kits visibilité pour les modes de déplacement doux (vélos, engins de déplacement personnel motorisés – EDPm — dont les trottinettes électriques). En 2022, les cyclistes enregistrent une hausse de +30 % par rapport à 2019 de leur mortalité́ ;
  • Annoncer une campagne de contrôle des vélos avec un partenaire ;
  • Proposer une journée de vérification du bon fonctionnement des éclairages des voitures.

Les bonnes questions à se poser sur la flotte de véhicules :

  • Qui est responsable du bon état de fonctionnement des véhicules ?
  • Où sont consignés les contrôles de pression pneus, présence gilet jaune et triangle de signalisation, autocollants sur les angles morts pour les PL, éthylotest chimique ou électronique…
  • Les règles vis-à-vis des charges transportées sont-elles connues ? le personnel a-t-il été formé ou informé du facteur de risque ? Il existe des risques supplémentaires liés au transport de matériel : arrimage, immobilisation et séparation des charges de l’habitacle.

LEVIER 3 : Lutter contre l’inattention

L’inattention sur la route est la conséquence d’une dizaine de causes dont il est difficile d’échapper. Autant mieux connaître les principales :

  • L’ennui est le premier piège auquel on pense. Nous sommes presque tous des conducteurs expérimentés et la conduite s’effectue en mode automatique. Il n’est pas rare de s’ennuyer sur un trajet quotidien habituel ou bien sur une route droite de campagne. En 2022 Les autoroutes enregistrent une forte hausse de la mortalité : +14 % par rapport à 2019. Alors on rêvasse (passage du cerveau en mode par défaut). Et notre concentration baisse ou bien on fait autre chose (téléphone au volant, se retourner pour regarder les enfants) ;
  • L’attention détournée (je regarde ailleurs) ou partagée entre plusieurs éléments de la route (pluie, piétons, circulation dense) ;
  • La fatigue physique et mentale, prise d’alcool, stupéfiants ;
  • La routine : notre cerveau crée sa propre réalité notamment sur un trajet dont il connait parfaitement le tracé. Vous serez ainsi persuadé d’avoir franchi le feu au vert. 99% du temps c’est le cas, or ce matin là il était bien rouge !
  • La prise de risque est importante notamment sur les jeunes conducteurs jusqu’à 25 ans. Car, leur cortex préfrontal, siège des émotions et des raisonnements complexes, n’est pas totalement formé. En 2022, les hommes sont toujours plus accidentés que les femmes ; une situation préoccupante.

La solution : la vigilance du passager est un élément fondamental dans la réduction des risques d’accidents routiers. Sensibilisez et écoutez votre copilote !

LEVIER 4 : Former tous les acteurs de l’entreprise sur prévention du risque routier

Les ateliers ludiques en intra entreprise tout au long de l’année permettent d’ancrer les bonnes pratiques. Tout le personnel est concerné y compris les membres du Comité social et économique.

Ces actions de formation apparaissent dans le DUERP (Document Unique d’Evaluation du Risque professionnel). Il diminue le risque routier professionnel au même titre que les autres risques de l’entreprise. La responsabilité de l’entreprise peut être engagée si le risque ne figure pas dans le DUERP.

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