Un chariot élévateur dont la visite périodique a expiré. Un échafaudage monté un peu vite pour tenir les délais. Un collègue qui retire ses gants « juste pour cette manutention ». Dans chacune de ces situations, quelqu’un a vu. Et souvent, personne n’a rien dit.
Ce silence n’est pas de la négligence. C’est un réflexe humain, ancré profondément dans notre cerveau et dans notre culture professionnelle du respect de la hiérarchie. C’est justement ce réflexe que l’atelier « Osez interpeller » d’Aforma Conseil vient déconstruire, en donnant à chaque collaborateur les clés concrètes pour interpeller, sans conflit et sans crainte, face à une situation dangereuse.
Pourquoi est-il si difficile d’interpeller au travail ?
Demandez à n’importe quel salarié s’il sait qu’il faut signaler une situation à risque. La réponse est presque toujours oui. Demandez-lui ensuite s’il l’a déjà fait dans les règles de l’art, systématiquement, y compris face à son responsable. La réponse est souvent plus nuancée.
Plusieurs freins reviennent, atelier après atelier, dans la bouche des participants :
- La hiérarchie : s’adresser à un supérieur pour lui signaler une erreur ou un danger reste, dans beaucoup d’entreprises, un exercice délicat.
- Le sentiment de ne pas être légitime pour porter cette parole, notamment chez les nouveaux arrivants, les intérimaires ou les plus jeunes.
- La crainte de la réaction de l’autre : agacement, moquerie, sentiment d’être remis en cause.
- La peur des conséquences professionnelles, réelles ou supposées.
- L’habitude du silence : « d’habitude, je ne dis rien », un automatisme qui s’installe avec le temps.
- Le sentiment de ne pas être concerné, quand le danger touche une autre équipe ou un autre poste.
À l’inverse, certains contextes rendent la prise de parole beaucoup plus naturelle. C’est le cas quand une émotion forte est en jeu, quand la confiance entre collègues est installée, ou quand on a déjà osé une première fois et que l’expérience s’est bien passée. C’est tout l’intérêt d’un atelier dédié : offrir un cadre sécurisé pour s’entraîner avant que la situation réelle ne se présente.
Le STOP au travail, un droit et un pilier de la culture sécurité
Le droit d’alerte n’est pas qu’une question de bon sens, il est inscrit dans le Code du travail. La quatrième partie pose l’obligation d’éviter les risques (Livre 1er, Titre II) et consacre, au Titre III (article L. 4131-1 et suivants), un véritable droit d’alerte et de retrait pour le salarié en cas de danger grave et imminent ou de doute sur une situation de travail.
Dans une organisation où la culture de sécurité est robuste, les collaborateurs savent dire STOP dès qu’un danger est perçu, quel que soit leur niveau hiérarchique. Oser dire non, dans ce cadre, n’est pas un acte d’insubordination mais une manière d’assumer sa part de responsabilité dans la sécurité des personnes et des biens.
Selon les données 2024 du ministère du Travail, plus de 549 000 accidents du travail ont été déclarés en France, dont 764 mortels, soit plus de 100 blessés graves et deux décès par jour. Une part de ces accidents aurait pu être évitée par une alerte émise et entendue à temps. C’est précisément l’écart que l’atelier cherche à combler, entre savoir qu’il faut dire STOP et oser réellement le faire.
Ce qui se joue dans notre cerveau quand on hésite à interpeller
Notre cerveau fonctionne selon deux systèmes de pensée :
- Le premier, automatique, mobilise les zones les plus anciennes du cerveau : inconscient, rapide, peu énergivore.
- Le second, délibéré, repose sur le cortex préfrontal, la zone de la concentration et de l’analyse. C’est la dernière région du cerveau à achever son développement vers 25 ans : conscient, mais lent et coûteux en énergie.
Cette organisation répond à une contrainte simple : environ 11 millions d’informations atteignent notre cerveau chaque seconde, contre seulement 40 à 50 traitées consciemment. Résultat, si nous considérons que le sens de la vue, nous ne percevons consciemment qu’environ 10 % de la réalité objective, le reste étant reconstruit par notre mémoire, propre à chacun selon son expérience et sa fatigue du moment. L’erreur de perception est donc normale.
C’est pourquoi la vigilance partagée, la capacité collective à interpeller, reste la meilleure parade contre l’erreur individuelle. Pourtant, même en le sachant, on n’ose pas toujours : peur du conflit, culture du respect de l’autorité, crainte de ne pas être perçu comme légitime. À force de ne pas oser, le silence devient lui-même un automatisme qu’il faut apprendre à interrompre.
La méthode F.D.S. : interpeller avec les bons mots
Savoir qu’il faut interpeller ne suffit pas : encore faut-il savoir comment le faire, sans braquer son interlocuteur et sans que le message se perde dans l’émotion du moment. C’est tout l’objet de la seconde partie de l’atelier, centrée sur la manière de formuler une alerte efficace.
Trois écueils sont à éviter systématiquement lorsqu’on interpelle un collègue ou un responsable :
- le jugement porté sur la personne plutôt que sur la situation,
- l’agressivité dans le ton employé,
- et la moquerie, qui ferme immédiatement le dialogue.
Ces trois réflexes, souvent inconscients, sont pourtant les premiers responsables de l’échec d’une alerte pourtant légitime sur le fond.
Pour structurer une intervention constructive, Aforma Conseil s’appuie sur sa méthode F.D.S. Une approche simple en trois temps que chaque collaborateur est en capacité de mobiliser :
- Les Faits : décrire objectivement ce qui est observé, sans interprétation ni accusation. « Le harnais n’est pas accroché » plutôt que « tu ne fais jamais attention ».
- Le Danger : expliciter clairement le danger associé à la situation observée, pour que l’interlocuteur comprenne l’enjeu réel, et pas seulement une remarque de principe.
- Une Solution : proposer une alternative concrète et réalisable, pour que l’échange débouche sur une action plutôt que sur un simple constat.
Cette structure, volontairement courte, a un double avantage. Elle protège la relation entre collègues, en évitant que l’alerte ne soit perçue comme une attaque personnelle. Et elle augmente considérablement les chances que le message soit réellement entendu et suivi d’effet, puisqu’il propose immédiatement une issue plutôt qu’un simple reproche.
À l’intérieur de l’atelier « Osez interpeller »
Concrètement, comment se déroule l’atelier proposé par Aforma Conseil lors d’un Safety Day, d’une journée sécurité ou d’un temps de sensibilisation dédié ? La séance s’articule en trois temps complémentaires, pensés pour alterner réflexion individuelle, apports théoriques et mise en pratique collective.
Premier temps : des cas pratiques pour se situer
Les participants sont invités à identifier, à partir de situations concrètes tirées de leur propre activité, ce qui les empêche d’oser interpeller et ce qui, au contraire, leur donne le courage de le faire. Cet exercice, volontairement sans jugement, permet de faire émerger les freins réels de l’équipe, souvent différents d’un métier ou d’un service à l’autre, et de les nommer collectivement.
Deuxième temps : comprendre son cerveau pour mieux le contourner
L’animation propose un éclairage accessible sur le fonctionnement cognitif présenté plus haut : les deux systèmes de pensée, la surcharge informationnelle, la part de reconstruction dans notre perception. Loin d’un cours théorique, cet apport s’appuie sur des exemples issus du monde du travail et sur l’expérience terrain des deux animateurs, Nelly et Eric, qui coaniment systématiquement leurs interventions en croisant les approches cognitive et opérationnelle.
Troisième temps : s’entraîner à le dire
À partir de la méthode F.D.S., les participants passent à la pratique via des mises en situation et des jeux de rôle, sur des scénarios réalistes construits à partir des risques propres à votre activité. C’est ce passage à l’oral, dans un cadre bienveillant et sans enjeu réel, qui fait toute la différence. Un collaborateur qui a déjà « osé » une fois, même en atelier, aura statistiquement beaucoup plus de facilité à le refaire face à une vraie situation dangereuse.
L’atelier peut être personnalisé pour s’intégrer à vos propres procédures internes : remontées d’anomalies, presqu’accidents, visites comportementales de sécurité, ou tout autre dispositif déjà en place dans votre entreprise. Il s’adresse aussi bien aux chefs d’entreprise et managers qu’aux référents sécurité, ouvriers, compagnons ou techniciens, et se prête particulièrement bien à un format court et percutant dans le cadre d’une journée sécurité.
Ce que votre entreprise gagne à organiser cet atelier
Au-delà de la prévention des accidents, l’atelier renforce la confiance entre équipes et hiérarchie, réduit les situations à risque non signalées faute d’oser en parler, et installe une culture de sécurité où chacun devient acteur de la vigilance collective, quel que soit son poste. Le format, vivant et participatif, laisse une empreinte plus durable qu’une causerie sécurité classique.
Il se combine naturellement avec d’autres formats Aforma Conseil, comme l’atelier Chrono 40′ ou le jeu de cartes SAFETYJO, pour ancrer les bons réflexes tout au long de l’année. Pour prolonger la démarche à distance, l’e-formation Savoir dire STOP permet également d’approfondir la méthode en complément de l’atelier présentiel.
Osez interpeller, dès votre prochaine journée sécurité
Un cerveau extraordinaire, mais qui nous joue des tours. Une vigilance nécessaire, parce qu’aucun individu ne perçoit seul l’ensemble des risques d’une situation de travail. Une méthode simple, FDS, pour transformer une hésitation en parole utile. Et surtout, une pratique à répéter, encore et encore, jusqu’à ce qu’interpeller et dire STOP devienne aussi naturel que n’importe quel autre réflexe de sécurité.
C’est exactement ce que propose l’atelier Osez interpeller d’Aforma Conseil : un format court, interactif et coanimé, conçu pour que vos équipes repartent avec bien plus qu’une prise de conscience, une véritable capacité à agir.
Vous organisez une journée sécurité, un Safety Day ou souhaitez simplement renforcer la culture de vigilance de vos équipes ? Demandez votre devis : Nelly et Eric s’engagent à vous répondre sous 48 heures pour construire avec vous une animation à l’image de votre entreprise.



