Les actions de formation en prévention des risques possèdent un bon retour sur investissement
Prévention des risques professionnels

Actions de prévention des risques professionnels : les vrais chiffres du retour sur investissement

Il est difficile pour les TPE/PME de savoir si un investissement dans la prévention des risques peut générer un gain de productivité et de performance. La bonne méthode consiste à réaliser une étude rigoureuse et structurée sur un corps de métier spécifique. La période de mesure d’un investissement doit être suffisante pour englober toutes les étapes. Bien que des chiffres issus de pays étrangers soient disponibles, nous avons préféré mettre en lumière une initiative nationale.

Quantifier le retour sur investissement

L’OPPBTP a réalisé à partir de 2011 un travail minutieux et méthodique que nous reprenons dans cet article. Une synthèse de Joël Poix (responsable de mission OPPBTP) figure dans le dossier n°251 de l’INRS de juin 2018.

Les actions de prévention des risques sont délaissées en entreprise faute de visibilité sur le retour sur investissement (ROI) d’une telle démarche. En réalité on parle dans le métier de ROP qui traduit le retour sur investissement en prévention.

La période de retour sur investissement est aussi une grande inconnue. Les entreprises manquent de chiffres pour bâtir une véritable stratégie RSE autour de la santé, sécurité et qualité de vie au travail.

Ce sont 250 actions visant à diminuer ou supprimer un ou plusieurs risques professionnels qui ont été étudiées.

Exemple fictif : Une quincaillerie expose ses matériels sur des présentoirs standardisés. La perception de signaux faibles (chute d’objets par le personnel ou les clients) incite le responsable à repenser le rayonnage avec son équipe. L’idée consiste à replacer les produits lourds ou potentiellement dangereux à des positions facilement accessibles. Les systèmes d’accroche sont adaptés à la pièce exposée et la hauteur d’exposition. La mise en rayon est facilitée et sécurisée tout comme l’inventaire. L’expérience client est également sécurisée.

Une démarche rigoureuse pour évaluer l’investissement

L’étude de l’OPPBTP est intéressante car elle s’appuie sur une réalité comptable. Seuls les facteurs comptables qui ont amené des gains observés sont pris en compte dans le ROP. On ne tient pas compte ici de la notion d’évitement des coûts de non prévention. La méthode ne tient pas compte des bénéfices attendus et virtuels et différés dans le temps comme la baisse de l’absentéisme par exemple.

Les effets sont mesurés à différentes étapes depuis la décision jusque bien après le contrat de vente. Chaque étape est valorisée afin de pouvoir mesurer un bilan économique avant et après l’action de prévention des risques.

Le bénéfice financier de la prévention des risques

Le premier constat est largement positif puisque pour 1€ dépensé le gain est de 2,4€ !

Le délai de retour sur investissement moyen est de 1,3 an ce qui est court.

La productivité est la grande gagnante avec 73% des gains récoltés.

C’est dans le secteur de la formation, l’accueil et la sensibilisation que le ROP est le plus élevé avec 1€ dépensé pour 3,54€ récoltés. Cela traduit l’efficacité des actions de formation entreprises.

La réalité des chiffres démontre le bien fondé des actions de prévention. Cette étude casse la croyance que la prévention ça coute cher et rapporte peu. Le Call To Action est-il pourtant suffisant pour enclencher la démarche de prévention ? Quelle serait l’autre déclic qui inciterait un dirigeant à s’engager ?

Pourquoi se lancer dans une démarche de prévention des risques ?

Le premier domaine relève du préventif et de la stratégie d’entreprise.

Tout d’abord la prise de conscience qu’il existe un autre moyen pour d’améliorer la productivité. C’est le volet qui porte la plus grande partie des gains comme démontré précédemment. Ou bien l’idée d’améliorer les conditions de travail pour fidéliser, soigner la marque employeur et aider le recrutement. On peut également évoquer des consignes de la maison mère à appliquer localement.

Les prises de décision interviennent parfois sur un volet curatif. Voici les 3 cas les plus courants que nous rencontrons. Une décision prise malheureusement à la suite d’un accident. Dans le même volet la remise d’un rapport d’audit interne ou externe qui pointe des axes d’améliorations. Il peut s’agir aussi d’une mise en conformité du fait d’une obligation réglementaire.

En conclusion, le retour sur investissement des actions de prévention des risques liés à la santé sécurité au travail est positif. Une démarche pédagogique envers les décideurs est indispensable afin que chaque travailleur rentre chez lui en bonne santé.

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