Quelle solution pour plus de sécurité dans nos déplacements professionnels ?
Risque routier professionnel

Quelle solution pour plus de sécurité dans nos déplacements professionnels ?

Sécurité dans nos déplacements professionnels
Vers plus de sécurité dans nos déplacements professionnels

Les accidents de la route sont la première cause de mortalité en milieu professionnel. Ils se traduisent chaque année par 4,8 millions de journées perdues. Etrangement, la sécurité des trajets professionnels domicile travail ne sont pas toujours assimilés dans l’esprit collectif. Comme s’il fallait pousser la porte de son bureau pour être déclaré « au boulot » ! Tandis que les modes de transport alternatifs se multiplient, nous percevons au quotidien le risque accru lié à ces nouveaux moyens de se rendre au travail (Engins de Déplacements Personnel Motorisés). Existe t’il aujourd’hui une nouvelle approche à destination des managers pour diminuer le risque routier professionnel ?

Comportements lors des trajets professionnels

La déclaration du récent accrochage de Julien en trottinette a fait grossir le taux de fréquence de l’agence. Et la réaction du siège ne s’est pas fait attendre. « Vous réaliserez une nouvelle causerie sécurité dès demain car vous accumulez de trop nombreux accidents de trajet professionnel ». Cette démarche ne vous est pas inconnue. Vous êtes nombreux à connaître la solitude du responsable d’agence face à la énième analyse d’un accident. Parfois, votre collaborateur n’est nullement responsable.

Les récents progrès des neurosciences apportent un éclairage nouveau sur nos comportements routiers, appuyés par des études statistiques réalisées il y a une quinzaine d’années. Comprendre le mode de fonctionnement du cerveau en situation de conduite permet de mieux cerner nos faiblesses et par conséquence celles des conducteurs en face de nous.

Deux systèmes de pensée

Nous possédons deux systèmes de pensée, l’un gérant les automatismes (traitement d’un volume important de données, inconscient, rapide, peu énergivore) et l’autre la partie consciente, délibérée (peu d’informations analysées car nécessite beaucoup d’énergie, lent). Nous avons appris à conduire ce qui nous permet d’automatiser les actions liées à la maitrise du véhicule et notre mémoire possède une multitude d’informations sur notre trajet professionnel routinier domicile – travail. Ainsi le cerveau ne veut pas se prendre la tête. A partir de quelques indices, il prédit ce qui va se passer à très court terme (1 s). Le piège des trajets habituels quotidiens (70% des accidents mortels) se referme lorsque l’on analyse les 4 facteurs suivants :

  • le cerveau doit intégrer 2 informations par mètre parcourus soit 1700 informations par minutes si l’on roule à 50km/h ;
  • la probabilité d’un d’accident est multipliée par 2 si l’on détourne le regard de la trajectoire durant 2 secondes ;
  • la circulation est plus dense aux heures d’arrivée et de départ du lieu de travail ;
  • la fatigue et la charge mentale atténuent la vigilance (système conscient) dédiée à la conduite.

Attention sélective & sécurité lors des trajets

Dès lors, nous prenons conscience que l’attention sélective portée sur un fait perturbateur (consulter son téléphone, se concentrer sur une communication téléphonique, surveiller du regard un enfant dans l’habitacle, se maquiller, allumer une cigarette…) ajoutée au stress (retard au travail, embouteillages, retard pour récupérer les enfants…) sont des facteurs de risque aggravants. Ce constat s’applique également aux autres conducteurs ce qui nécessite d’anticiper, de prendre des marges de sécurité compte tenu des erreurs qui vont nécessairement se produire sur ma trajectoire (distances de sécurité frontales et latérales, ralentissement aux franchissements d’intersections, doubler les contrôles latéraux vers les angles morts…).

Se garer aujourd’hui en marche arrière est entré dans la culture de sécurité de la plupart des entreprises. Il est démontré que la manœuvre de marche arrière en voiture présente plus de risques de collisions. Notre vigilance est moins élevée lorsque nous débutons une séquence de conduite. Par ailleurs en cas d’incendie par exemple, la visibilité sur le parking est meilleure et le départ plus rapide. Ce qui semblait totalement incongru il y a quelques années a été pourtant adopté. Nous avons perçu le sens de la démarche. Il incombe à présent aux managers de relayer pédagogiquement au travers de boites à outils adaptées aux risques routiers professionnels, le décryptage des pièges de notre cerveau.

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